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Quelles actions individuelles au quotidien en faveur de la Biodiversité?
Quelles actions
individuelles au
quotidien en faveur de la
biodiversité ?
Par Jacques STEIN
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Publié à l’occasion du 25e anniversaire de l’asbl « Le Genévrier »
Jacques STEIN – JUIN 2007
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En guise d’introduction …
Alors que de grands problèmes environnementaux font aujourd’hui, enfin, la
« une » de l’actualité (réchauffement de la planète, diminution de la qualité des
ressources en eau, désertification …), la crise de la biodiversité reste encore en
marge des médias, sauf événements spectaculaires ou documentaires classiques
sur la vie des bêtes. Or, on le verra plus loin, non seulement la biodiversité
traverse actuellement une crise majeure, mais en outre, les liens avec les autres
problèmes évoqués ci avant sont manifestes. Et les mesures prises pour atténuer
le réchauffement climatique ou arrêter la désertification, si elles y contribuent
assurément, ne pourront résoudre la crise de la biodiversité si des mesures
spécifiques complémentaires ne sont pas prises simultanément. Bien plus, un
« déphasage » entre toutes ces mesures pourrait avoir un impact négatif sur la
biodiversité.
L’exemple des biocarburants est symptomatique à cet égard. Si pour atténuer le
rejet des gaz à effet de serre et la pollution, on produit des végétaux
« énergétiques » selon les modalités actuelles de l’agriculture intensive, ou au
détriment de toutes considérations sociales et humanitaires, la biodiversité
continuera à payer un lourd tribut à notre bonne conscience !
Actions individuelles ?
Assez étonnamment, alors que l'Organisation des Nations Unies (ONU) nous
envoie des signaux très alarmants au sujet du fonctionnement de nos
écosystèmes et donc des conditions de notre bien-être, tout semble se passer
comme si la majorité de nos concitoyens y restaient totalement indifférents …
« La biodiversité, ce n’est pas un problème !
Et si c’est un problème, ce n’est sans doute pas grave !
Et si c’est grave, je ne peux quand même rien y faire ! »
Voilà le genre de discours qui, hélas, aggrave de jour en jour la situation de la
biodiversité...
« Qu’est ce que je peux faire ? » Cette question est souvent posée aux
conférenciers, à la fin d’un exposé très documenté sur les faits et les réalités
actuels de la biodiversité. Et il est vrai que la complexité du problème ne rend
guère visibles les actions qui pourraient être mises en oeuvre par chacune et
chacun d’entre nous.
D’autant plus que les attitudes qu’on est en droit d’attendre de la part des
décideurs, élus ou non, privés ou publics ... : prise de conscience, responsabilité,
adaptation, comportement, ... semblent faire défaut, hormis quelques coups de
« com. » ou de « pub. ». Décidément, la gestion durable du vivant ne constitue
actuellement pas une priorité !
Jacques STEIN – JUIN 2007
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Et en attendant mieux, c’est sans doute une fois encore au citoyen lambda de
montrer, par l’exemple de son comportement quotidien, qu’il a compris :
« dilapider la biodiversité aujourd’hui, c’est hypothéquer notre bien-être de
demain » !
Il est temps de convaincre et de se convaincre que chacun et chacune peuvent
prendre une bonne partie de la situation en main.
Mais avant d’en arriver aux actions individuelles concrètes, il est utile de rappeler
où on en est.
Nature ou Biodiversité ?
La Nature et la Biodiversité sont des concepts distincts ayant chacun leur
originalité. Mais ils sont souvent confondus et/ou employés l’un pour l’autre !
Que cache donc tout d’abord le concept de "NATURE", apparu bien longtemps
avant celui de biodiversité ? Et surtout dans le contexte qui nous préoccupe ici,
en l'occurrence le rôle que l'homme peut y jouer. Et sa « conservation », dont on
parle lorsqu’on veut évoquer les instruments aujourd’hui en place dans le
domaine des aires et des espèces « protégées », sous-entendu par la loi ?
"La nature, c'est ce qui se développe spontanément sans
l'intervention volontaire de l'homme".
C'est en tout cas ce que propose, de façon très argumentée, feu François
TERRASSON, après avoir bourlingué de par le monde et avoir tenté de capter,
dans chaque civilisation, ce que les sociétés et les individus en pensaient (Ses
livres intitulés « La peur de la Nature », « La civilisation anti Nature » et « En
finir avec la Nature », sont autant de références pour qui veut en savoir plus sur
la question).
Réaction immédiate : « mais alors, il n'y a plus de nature chez nous … puisque
l’homme intervient partout ? »
Mais si ! A forte dose dans la forêt vierge tropicale humide ou durant une
violente tempête (même chez nous), à dose homéopathique dans un champ de
maïs ou dans un potager.
Et notre perception de cette nature là, elle est due à des connexions (naturelles)
particulières de nos neurones avec tout ce qui n'est pas d'origine humaine. Mais
si chaque individu a sans doute été servi de la même manière à l'origine, dans le
registre du sensible, d'aucuns ont présenté, au conditionnement anti Nature de la
société moderne, un terrain beaucoup plus favorable que d'autres. Ils sont faciles
à identifier puisque non contents d'essayer de faire passer du faux pour du vrai
et de magnifier les alignements rectilignes de toute sorte, jusque et y compris les
portées d'une partition musicale, ils les opposent en outre, parfois très
agressivement, au chaos, au désordre, aux miasmes, à l'infestation, bref au
désordre de la nature non contrôlée par l'homme.
Comme le dit François TERRASSON, tout dépend donc de la "formule
individuelle" de chacun et surtout de sa résistance à la modifier.
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Alors que la nature n'est pas manichéenne et allie subtilement les contraires, elle
est en outre à la fois extérieure et intérieure à l'homme, dans ses élans, ses
pulsions spontanées.
Le phénomène est largement culturel au point de pouvoir distinguer les ruraux
"élevés" en milieu urbain, des urbains "élevés" en milieu rural.
"Il y a des cultures qui ne supportent pas la nature et qui ont besoin de la
dominer et des cultures qui, tout en la modifiant, ont choisi la coopération,
l'équilibre avec elle".
La « Nature » est donc une question de sens... dans tous les sens du terme.
C'est une question d'émotion
Vous savez cette sensation spontanée et complexe, parfois brutale, qui
étreint le cerveau sans qu'on sache pourquoi, qui attire ou qui répugne au
contact d'une forte dose de nature, qu'on peut combattre ou accepter.
C'est une question sensorielle
Lorsqu'il s'agit d'établir des fondements sûrs en préalable à une éducation
sur le sujet. L'éducation à la nature passe obligatoirement par une éducation à
l'émotion et par l'émotion.
C'est une question de bon sens
De sagesse, quand il s'agit d'y intervenir et de la préserver.
C'est une question de sens
De direction que prend la norme quand elle rejette tout ce que l'homme ne
contrôle pas, y compris ce qui surgit de l'inconscient.
C'est une question de sensationnel
Quand on veut la mercantiliser, la mettre en scène, la BARNUMiser.
Notre attitude et notre relation vis-à-vis de la Nature sont donc liées à nos
propres parcours individuels, largement enrichis par ailleurs de toute sorte
d'évènements familiaux, religieux, éducatifs, idéologiques, réglementaires, … y
compris l'inconscient collectif, et qui, de plus en plus et en règle générale, ont
tous pour caractéristique principale de brider notre spontanéité intérieure :
pulsions, émotions, passions, … Ou en tout cas d'essayer !
Aujourd'hui, plus que jamais auparavant, il faut donc lutter pour exprimer, voire
conserver, l'émotion qu'on aurait l'arrogance d'éprouver vis-à-vis de la nature
libérée de la volonté de l'homme. On vous traitera alors d'extrémiste, d'intégriste
ou on vous condamnera à l'ostracisme.
A l'évidence, les sociétés qui veulent contrôler la Nature extérieure à l'homme,
tentent du même coup de contrôler sa nature intérieure. Les sociétés qui
combattent les émotions (par exemple nos civilisations occidentales modernes
qui affirment qu’un homme ne doit pas pleurer ou qui rejettent la part
d’animalité que d’aucuns expriment dans leur look extérieur), agressent
automatiquement la nature. A l’inverse, le « manque » de contact avec la Nature
n’est-il pas à l’origine de bien des maux de notre société : délinquance, violence,
intolérance … ?
"L'homme est un animal émotif à qui la nature fait de l'effet, qu'il n'en
parle bien que de façon symbolique, qu'il projette sa résonance émotive en
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contes et légendes, mais aussi en articles de journaux, en poésies, en
déclarations officielles, en rêves et en oeuvres d'art, etc.".
On le comprendra aisément, on a largement dépassé les aspects scientifiques ou
techniques de la problématique. Les "gens" sont concernés, même si c'est
inconsciemment, et "la Nature" apparaît donc bien plus comme un phénomène
culturel ou de civilisation, sur lequel seules la sociologie, la psychologie, la
psychosociologie, sont à même de nous éclairer. De nombreuses enquêtes ont
d'ailleurs été menées dans ce but.
La Nature, c'est un peu comme les grandes fêtes, chacun profite du jour férié
mais y met ce que bon lui semble.
La Nature des naturalistes n'est pas la même que la Nature des "autres". Le
naturaliste y voit des espèces, des écosystèmes et les mesures de gestion
susceptibles de les perpétuer : cela s'appelle « la conservation de la nature ».
Cette Nature là compte au moins un paradoxe. Paradoxe car intervention sur ce
qui est caractérisé par la non intervention ou alors faut-il comprendre qu'il s'agit
de conserver les phénomènes naturels et spontanés sans intervenir. Encore une
fois, tous ne sont pas sur la même longueur d'onde.
La Nature sans intervention volontaire a existé bien longtemps avant l'homme et
existera encore bien longtemps après, quitte à s'adapter à la disparition
présumée du soleil !
On se rappellera une interview de Philippe GELUCK pour qui « la conservation de
la nature évoquait des bocaux de nature stérilisée sur une étagère ». N'est-ce
pas à cela qu'aboutissent finalement certaines de nos politiques ?
Finalement la Nature, en son sens premier, c'est la culture, c'est la civilisation !
Or dans nos dictionnaires, la Nature compte au moins douze acceptions
différentes ; c'est évidemment révélateur des perceptions de nos contemporains
sur le sujet, mais c’est aussi révélateur de la confusion qui peut régner dans les
esprits lorsqu'on en parle !
Dès lors, si pour vous la Nature, ce sont les espèces sauvages, les écosystèmes,
les réserves naturelles, etc., alors, dans un souci de clarté, parlez de
BIODIVERSITE.
La Biodiversité est en crise
La Biodiversité est un concept plus technique, plus concret, plus susceptible de
subir les protocoles scientifiques … Quand on parle de biodiversité aujourd’hui,
on tente d’évoquer tout ce qui est vivant et qui évolue depuis 3,5 milliards
d’années sur la planète Terre. Autant ce qui existe aujourd’hui autour de nous,
que ce qui a contribué au fil des millénaires à le « produire ». La biodiversité, ce
sont des espèces (animales, végétales, …), ce sont aussi les gènes qui
permettent de distinguer les espèces les unes des autres et les individus à
l’intérieur d’une espèce, et enfin, ce sont les processus qui permettent à tout ce
petit monde d’évoluer harmonieusement au sein d’un ensemble d’interrelations
très complexe. Au sein des écosystèmes. Mais ce n’est pas tout, en créant ce
néologisme à la fin des années 80, les experts tentaient aussi de promouvoir une
approche multidisciplinaire et décloisonnée de la biodiversité. Taxonomistes,
généticiens, écologues, physiologistes, … étaient invités à se préoccuper les uns
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des autres. Enfin, l’ambition consistait également à donner à la diversité du
vivant un cadre socio-économique et politique.
Nous dépendons quasi totalement des "services" que procurent naturellement les
écosystèmes de la Planète. Or l'évaluation du Millénaire des écosystèmes (le
"Millennium Ecosystem Assessment de l'ONU) constate que 60% de ces
"services" sont dégradés ou surexploités par les activités de l'homme (1) … Alors
que ces "services" ne permettent rien d'autre que la vie sur terre !
Sur les 24 "services" qui ont été évalués, 15 sont en péril : fourniture d'eau
douce, stocks de pêche, régulation de l'air, régulation de l'eau, régulation des
climats régionaux, régulation des risques naturels, régulation des parasites, … et
cette dégradation risque d'augmenter considérablement la probabilité de
changements brusques et d'affecter sérieusement notre bien-être : apparition de
nouvelles maladies, changements soudains de la qualité des eaux, création de
zones "mortes" le long des côtes, destruction des zones de pêche,
bouleversements régionaux du climat, …
En outre, les problèmes qu'on nous annonce, ne sont pas pour dans 1000 ans,
mais pour dans 25 ou 50 ans.
Aujourd’hui, la biodiversité n’est plus uniquement étudiée sous l’angle
« biologique ». Sous l’impulsion de la Grande Conférence de Rio en 1992, de
nombreuses recherches l’abordent maintenant sous les angles social,
économique ou politique … Par exemple, les relations entre la biodiversité et le
bien-être individuel et collectif, ou la santé. On savait déjà qu’une modeste
plante du bord des cours d’eau (la reine-des-prés) pouvait livrer des agents
actifs susceptibles de soulager des millions de personnes (aspirine). Mais
aujourd’hui, outre cet aspect purement utilitaire, on commence à bien connaître
les espèces pathogènes (qui constituent d’ailleurs une grande partie de la
biodiversité) et surtout leur comportement au sein des écosystèmes, au bon
fonctionnement desquels ils sont d’ailleurs indispensables.
Sur le plan économique, des expériences en grandeur nature ont largement
démontré durant cette dernière décennie (aux USA et en Grande Bretagne
notamment) les relations entre la biodiversité et la productivité des écosystèmes.
Y compris des écosystèmes modifiés par l’homme comme les prairies. Une
richesse spécifique élevée procure à l’écosystème une capacité tampon vis-à-vis
des variations de son environnement physique et biologique et donc une certaine
stabilité de son fonctionnement (« assurance biologique ») ; il existe en outre
une relation positive entre richesse en espèces et performances de l’écosystème,
dépendant de la nature et de l’intensité de la complémentarité et de la
coopération entre espèces ; par ailleurs, l’érosion de la biodiversité conduit à des
risques accrus d’envahissement par les espèces exotiques, généralement plus
compétitives dans des milieux naturellement vulnérables ou affaiblis par les
activités humaines (par exemple les monocultures).
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(1). Une liste de références figure en fin de brochure
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« Si toutes les abeilles disparaissaient », prophétisait EINSTEIN, « l’Homme n’en
aurait plus que pour 4 ou 5 années à vivre ». Il vaut mieux évidemment ne pas
tenter l’expérience d’éradication des pollinisateurs et donc de disparition
conséquente de milliers d’espèces végétales. Aujourd’hui cependant, dans des
vergers localisés au pied de l’Himalaya, les pollinisateurs ont complètement
disparu suite à l’abus de pesticides. Et les fleurs des pommiers sont fécondées
une à une … à la main. En réalité les mains de 10 à 12 ETP (Equivalent Temps
Plein) par colonie disparue d’abeilles !
Ces exemples, et il en existe de nombreux autres, nous rappellent combien nous
sommes quasi totalement dépendants de la biodiversité.
Or les chiffres relatifs à la biodiversité restent alarmants … On sait qu’il y a au
moins 1.700.000 espèces différentes sur la planète, car ces espèces ont été
identifiées et décrites. Beaucoup d’entre elles ne se trouvent d’ailleurs déjà plus
que dans des musées ou des collections. Quant aux espèces qui n’ont pas encore
été découvertes, l’estimation la plus raisonnable les évalue entre 13 et 28
millions ! ! Si on reporte le taux et la vitesse de disparition des espèces connues
aux espèces qui ne le sont pas encore, il y a effectivement de quoi s’alarmer. Les
spécialistes estiment d’ailleurs que ces chiffres vertigineux permettent de parler
de la sixième crise majeure d’extinction d’espèces que connaît la planète
depuis 3,5 milliards d’années que la vie y est apparue. Durant les cinq premières
grandes crises, des millions d’espèces ont disparu, définitivement, suite à des
cataclysmes naturels (ouragans, éruptions, raz-de-marée, collisions avec des
comètes, bombardements de météorites, séismes …), sans commune mesure
avec ce qu’on connaît aujourd’hui sur une Terre relativement calmée. La
cinquième crise a marqué les esprits car la fiction s’est emparée des
représentants les plus imposants de la faune d’alors : les dinosaures qui ont
disparu brutalement il y a 65 millions d’années …
La grande différence avec les 5 premières crises, c’est que nos activités sont très
probablement les uniques responsables de la crise actuelle et, fin 2006, l’UICN
(Union Mondiale pour la Nature) admettait que 16.119 espèces sont menacées
sur la Planète.
Sans parler de la disparition systématique de la variété génétique (que sont
notamment devenues les 10.000 à 15.000 variétés de pommes et les 7.000
variétés de tomates décrites à ce jour ?).
Le « politique » a lui aussi compris semble-t-il qu’il y avait un danger, difficile à
saisir certes, mais nécessitant malgré tout certaines précautions. Il a donc
« décidé », à l’échéance 2010, au niveau mondial, de « freiner » la perte de
biodiversité et, au niveau paneuropéen, de « stopper » la perte de
biodiversité !
Entendons-nous, le 31 décembre 2010, on n’aura sans doute pas « stoppé » la
perte de biodiversité en Europe (certains essayent même de trouver des
synonymes doux de « stopper » pour ne pas avoir à prononcer le mot), mais on
devrait avoir identifié les mesures qui permettent de renverser la vapeur et les
avoir mises en application sur un maximum de territoire, en collaboration avec
un maximum d’acteurs concernés.
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Pourquoi, direz-vous alors, a-t-on attendu autant pour se lancer dans une telle
entreprise ? Certes la question est très pertinente et il n’est pas difficile d’y
répondre ! Il faut bien reconnaître que les préoccupations liées à la biodiversité
ont très généralement été reléguées dans des zones « où cela ne gênait
personne ». En effet, partant du principe que c’était une préoccupation
exclusivement biologique ou écologique, apanage des scientifiques et des
naturalistes, la biodiversité n’avait donc rien à faire dans la cour des grands, ni
dans les politiques sectorielles « sérieuses » : agriculture, sylviculture,
industries, récréation et loisirs, voies de communication … et a donc été
cantonnée dans des « sites appropriés », appelés des « réserves » (2). Le
nombre et la superficie des « réserves » n’ont cessé de croître depuis la fin de la
seconde guerre mondiale jusqu’à ce jour. Mais au total, fin 2006, elles
représentent 0,61 % du territoire, soit 10.358 hectares sur les 1.684.400 ha.
que compte la Région wallonne. Avec cette performance, et en extrapolant des
chiffres cités au niveau mondial, on protège effectivement et activement … 0,61
% de la biodiversité wallonne. Ceci explique cela ; « cela » étant les chiffres
révélés par les « Etats » et « Tableaux de bord » successifs relatifs à
l’environnement wallon : de 25 % (mammifères) à 71 % (reptiles) des espèces
animales (vertébrés + invertébrés) faisant l’objet d’un suivi ont un statut
défavorable (éteintes, en danger ou vulnérables). Et de 30 % (hépatiques et
mousses) à 44 % (plantes supérieures) pour les espèces végétales. On aboutit
donc à ce constat paradoxal : l’augmentation régulière de la superficie des aires
protégées n’arrivent pas à enrayer la diminution de la biodiversité.
Certes, il faut aussi compter 63 Cavités souterraines ayant un statut de
protection strict, et recelant des espèces spécialisées (chauves-souris,
notamment). Et aussi 220.838 ha. de sites « Natura 2000 », qui comptent un
grand pourcentage des « réserves » évoquées ci-avant, mais dont le processus
« de terrain » est en gestation et n’est pas encore activé en terme de gestion. Et
aussi 306.971 ha. de Parcs naturels, qui comptent eux aussi un grand
pourcentage des « réserves » évoquées ci-avant, et pas mal de sites « Natura
2000 », mais dont les réalisations effectives en matière de biodiversité doivent
encore être recensées et évaluées. Il y a aussi 54 communes en Plan communal
de développement de la nature, 176 en fauche tardive des bords de route et 116
en aménagement des combles et clochers. Et, enfin, 38.525 ha. de zones
humides Ramsar d’importance internationale, qui comptent également un sérieux
pourcentage des sites évoqués ci-avant (dont la plus grande « réserve », celle
des Hautes-Fagnes). Bref, en adoptant l’attitude particulièrement simpliste qui
consisterait à additionner tous ces chiffres, sans nuance et pour prétendre que
tout va bien, on pourrait croire que plus de 600.000 ha. (36 % du territoire
wallon) bénéficient de mesures propices à la biodiversité. Les chiffres relatifs à
l’état de la biodiversité ne confirment pas du tout cette approche, et quand bien
même … il resterait 64 % du territoire dans lesquels il ne passe rien ou presque
en faveur de la biodiversité ! Une fois encore, et il est bon de taper sur certains
clous, ceci explique que « l’érosion de la biodiversité en Région wallonne se
poursuit » (Tableau de bord de l’Environnement wallon 2005).
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(2)L’article 1 de la loi de 1973 sur la conservation de la nature est explicite à cet égard
puisqu’il continue à prétendre en 2007 que … « La présente loi ne vise pas à réglementer
l’exploitation agricole et forestière », soit 80% du territoire !
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Une politique dans laquelle la biodiversité n’est prise en compte (et en charge)
que dans les « trous » de l’Emmenthal, NE PEUT PAS renverser la vapeur. Il faut
une approche cohérente sur l’ensemble du territoire, et dans toutes les politiques
sectorielles, pour avoir une chance d’arriver à un résultat effectif et mesurable.
C’est l’enjeu de l’Objectif Biodiversité 2010 (« Stopper la perte de
biodiversité ») !
Mais on ne pourra pas tout faire d’ici là ; il faut donc, à l’intérieur d’une stratégie
globale, fixer des priorités en terme d’action.
1. Mieux communiquer sur la biodiversité
2. Mettre en place le Réseau écologique
3. Mieux cibler le secteur de l’Agriculture
4. Mieux cibler le secteur de l’Equipement et des Transports
5. Lutter contre les espèces exotiques envahissantes
6. Renforcer les partenariats en place
7. Assurer le financement de la biodiversité
Les pistes pour stopper la perte de biodiversité
1. Mieux communiquer sur la biodiversité
S’il y a un secteur dans lequel la confusion est proche de la règle, c’est bien celui
de la biodiversité. Confusion entre « Nature » et « Biodiversité », confusion à
l’intérieur même des concepts : « la nature » d’un grand fabricant de produits
phytopharmaceutiques n’est pas « la nature » d’un naturaliste ou celle d’un
jardinier. Les perceptions des individus dans ce domaine sont presque aussi
nombreuses que les individus eux-mêmes et la réponse aux besoins de chacun
va de la visite d’une réserve naturelle intégrale à une visite à Disneyland.
Confusion encore dans l’esprit du commun des mortels sur la place de l’homme
au sein de la biodiversité et de son évolution (« l’homme descend du singe ! »).
Attitude de l’homme vis-à-vis de la biodiversité et les raisons de ce
comportement. Liaison entre biodiversité et bien-être ou santé de l’homme.
Réaction indifférente de l’homme vis-à-vis des changements globaux, etc … Les
habitants de la planète ne peuvent concevoir de manière claire ce dont on ne
leur parle jamais, ou dont on leur parle de façon marginale ou dont on leur parle
de manière confuse !
L’enjeu consiste moins aujourd’hui à décrire la faune et la flore ainsi que leur
écologie ou à convaincre chaque acteur des actions qu’il pourrait mener en
faveur de la biodiversité, que de réapprendre à l’homme des liens à la
biodiversité que le confort, le progrès, la médecine, la pensée unique, ou tout
simplement la nécessité de survivre dans la jungle économique … ont
profondément dénoués. L’homme, en tant qu’espèce, ne constitue jamais que le
0,6 millionième de la biodiversité spécifique connue. MAIS, comme les
dinosaures il y a plus de 70 millions d’années, il domine la planète ; il en
constitue même aujourd’hui le principal fardeau ! Les dinosaures ont
complètement disparu … mais la terre continue de tourner.
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2. Mettre en place le Réseau Ecologique.
Une des importantes causes de la perte de biodiversité est la fragmentation,
l’atomisation des habitats et des populations d’espèces. En forêt, la
fragmentation artificielle (due à l’homme) est 12 fois supérieure à la
fragmentation naturelle ! Pour reconstituer une trame de base efficace,
cohérente et interconnectée pour la biodiversité, est apparu le concept de
« réseau écologique ». De manière simple, le réseau écologique est un système
qui couvre le territoire de 3 types de zones : des zones « réservoirs » de
biodiversité, des zones où le développement de la biodiversité est compatible
avec les activités économiques (et vice-versa) et, enfin, des zones de liaison
(couloirs, corridors …) susceptibles de relier entre elles les autres types de zones.
Théoriquement, cela tient la route ! Sur le terrain, il faut aller un peu plus loin et
prendre en compte, non seulement, la structure écologique existante, mais aussi
des réseaux thématiques, spécifiques à l’une ou l’autre espèce, et donc prendre
en considération tant les aspects structurels que fonctionnels des réseaux. Le
réseau écologique ne couvre pas l’entièreté d’un territoire. Il subsiste de grands
espaces « non concernés » à l’intérieur des mailles du réseau. On est sorti des
trous de l’Emmenthal … mais il reste encore beaucoup de pâte sur la planche. Il
convient en plus d’investir toutes les politiques sectorielles au sein desquelles des
acteurs ont ou pourraient avoir un impact sur la biodiversité, que ce soit de
manière directe ou indirecte (Tourisme, transports, agriculture, forêts, mais aussi
éducation, culture ...).
3. Mieux cibler le secteur de l’agriculture.
Fin 2006, 751.512 ha. sont utilisés par l’agriculture wallonne, soit 44,60 % du
territoire wallon (la zone agricole au plan de secteur affiche même un taux de
49,97 %). C’est donc la politique sectorielle qui couvre la plus grosse part du
territoire wallon. C’est aussi la politique sectorielle qui est la plus « accusée » en
terme de perte de biodiversité : enrichissement des milieux en nutriments, dont
l’eutrophisation de l’eau, mais aussi atteintes « physiques » : remblaiements ou
assèchement des zones les plus humides et aussi les plus vulnérables,
comblement de « chemins creux », élimination de haies vives … Si la situation
s’améliore … le mal est bien souvent fait ! Le tableau de bord de l’environnement
2005 suggère d’ailleurs de porter des efforts supplémentaires et prioritaires de
protection vers les milieux humides (marais, cours d’eau, …) et ouverts (pelouses
et pâturages semi-naturels, prairies …). En terme de protection (et par référence
aux superficies affichées au plan de secteur), les sites « Natura 2000 » ne
concernent que 14,96 % de la zone agricole (soit 33.035 ha. sur les 1.684.400
ha. de la Région wallonne). Ceci dit, tout n’est pas pareil partout. Tout d’abord, il
convient de distinguer, en terme de « cible » : le territoire agricole, ensuite les
techniques agricoles qui y sont pratiquées et, enfin, « last but not least »,
l’agriculteur lui-même ! Précisément, au niveau des territoires agricoles, ce sont
les prairies permanentes qui se taillent la part du lion (46 % de la Superficie
Agricole Utile), tandis que le pourcentage le plus élevé d’espace agricole se
trouve, avec les terres arables et donc les spéculations les plus « dures », dans
la Région limoneuse (36 % du territoire concerné). Le plan d’action « secteur
agricole » devra donc être nuancé selon qu’il vise le nord ou le sud du sillon
Sambre et Meuse. Quoi qu’il en soit, la sauvegarde de la biodiversité passe par
les agriculteurs avec lesquels la société civile doit passer un nouveau contrat
pour l’avenir.
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4. …. et celui de l’équipement et des transports.
En 2003, les infrastructures de communication atteignent 86.483 ha., soit une
croissance de 4 % depuis 1986 ! A ces infrastructures, sont associées en général
des « dépendances vertes », certes utiles pour la biodiversité : les opérations de
fauche tardive des abords des voiries communales sont éloquents à cet égard.
Mais le problème n’est pas uniquement là. Ces infrastructures qui tissent une
véritable toile sur le territoire wallon, y fragmentent tant et plus habitats et
populations d’espèces sauvages. Avec un effet d’autant plus désastreux qu’elles
traversent des territoires déjà fort affectés par les activités humaines. Les
quelques écoducs (cerviducs, crapauducs, loutroducs, passe à poissons …)
installés à posteriori (mais parfois à priori) n’arrivent pas à compenser les effets
néfastes de l’atomisation des populations et des habitats, à savoir l’éradication
des connectivités. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est reconstituer de véritables
écosystèmes, au dessus de ces voies de communication, dans les zones les plus
atteintes. Certains pays de plaine du nord de l’Europe donnent l’exemple en
recouvrant les autoroutes de longs tunnels sur lesquels des écosystèmes entiers
(boisés ou non) sont reconstitués.
Et puisqu’on parle de voies de communication (rail, routes, fleuves …), elles en
sont aussi pour de nombreuses espèces exotiques envahissantes. Les utilisateurs
de la route, du rail et du Ravel auront déjà pu se rendre compte de la présence
envahissante de la berce du Caucase, de la renouée du Japon, de l’impatiente de
l‘Himalaya …
5. Lutter contre les espèces exotiques invasives.
Parlons-en justement ! En soi, les espèces exotiques ne constituent peut-être pas
un problème : il y en a plein les jardins, plein les campagnes, plein les bords
d’autoroute, plein les forêts et, souvent, plein les cours d’eau … Quelques
exemples (hors des jardins) : maïs, « fleurs sauvages » en sachet du Père
Machin, résineux (et certains feuillus), daim, faisan … Le problème, c’est quand
leur dispersion devient incontrôlable, qu’elles quittent les sites dans lesquels on
les a introduites, délibérément ou non, et qu’elles envahissent les espaces dans
lesquels il n’était pas prévu de les installer. Ainsi beaucoup d’espèces
envahissantes, au point de remplacer nos propres espèces dans les zones les
plus vulnérables, se sont-elles échappées de nos jardins, ou bien ont-elles été
amenées fortuitement avec les conséquences que l’on sait (3) : berce du Caucase
(dangereuse pour la santé humaine car son contact augmente la sensibilité de la
peau aux rayons du soleil : bonjour les brûlures !), l’impatiente de l’Himalaya
(qui attire une masse de pollinisateurs au détriment des espèces locales), la
renouée du Japon (qui élimine tout sur son passage), le budleia (arbre antipapillons
car son envahissement élimine les plantes nourricières des chenilles,
phase la plus importante dans le cycle complexe de la vie du papillon), la jussie
(qui envahit les pièces d’eau, y rendant toute vie illusoire), le séneçon du Cap, le
« nouveau » mildiou de la pomme de terre, récemment « importé » des USA, le
________________
(3). Ceux qui ont vu le film intitulé « Le cauchemar de Darwin » ont eu là un bel exemple
de drame écologique et social lié à l’introduction dans le lac Victoria d’une espèce
exotique envahissante : la perche du Nil ! Avis aux apprentis sorciers !
Jacques STEIN – JUIN 2007
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doryphore (et les tonnes de DDT qu’on a déversées pour s’en débarrasser), la
coccinelle d’Asie, le raton laveur et le vison d’Amérique, etc, etc …
6. Renforcer les partenariats en place.
La prise en compte et la prise en charge de la biodiversité ne pourront se faire
sans l’implication et la responsabilisation de tous les acteurs concernés. Les
choses de la nature n’appartiennent à personne (ce sont des res nullius) ; raison
de plus sans doute pour que tout le monde s’en préoccupe. Pour cela, il faut
rassembler les acteurs, les organiser et faciliter leur mise en commun de l’avenir
de la biodiversité au niveau qui est le leur. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Il
convient donc de commencer par les structures déjà mises en place : plans
communaux de développement de la nature, parcs naturels, contrats de rivière,
etc … L’enjeu ici consiste à faire partager le diagnostic de la perte de biodiversité
au niveau local par les divers partenaires impliqués, afin de voir ensemble, en
commun (=« comme un »), la façon la plus « rentable » d’enrayer le
phénomène. La difficulté consistera ici sans doute en la recherche des
informations pertinentes au niveau local, en ratissant largement les banques de
données existantes bien sûr, mais sans doute aussi en lançant des programmes
spécifiques à cet objectif en particulier.
7. Assurer le financement de la biodiversité.
Y a pas de miracle ! Malgré les réalités, la biodiversité conserve une image de
secteur non-marchand, qui plus est de luxe (« Il y a plus important ! ») et
généralement réservé à des spécialistes. Lorsque qu’une grande firme investit
dans ce secteur, et cela existe, on ne sait jamais trop bien si cela résulte d’une
motivation profonde ou si c’est une question « d’image », de « dédouanement ».
Qu’importe diront certains : ce sont les résultats qui comptent.
Mais si le secteur public, théoriquement non marchand, et suivant en cela les
recommandations 2007 de l’examen environnemental de l’OCDE
(www.oecd.org), ne met pas à disposition les moyens nécessaires à une prise en
charge de la biodiversité au profit du bien-être futur de la collectivité … qui le
fera ?
Financer la biodiversité aujourd’hui consiste bien souvent à financer la
restauration des « erreurs de gestion » du passé, ou plutôt à apurer les coûts de
l’inaction dans ce secteur depuis … disons 1973 pour fixer les idées ; cette année
là a en effet connu, le 12 juillet, l’adoption de la Loi sur la Conservation de la
Nature ! Les décisions sur les moyens sont donc difficiles à prendre aujourd’hui,
mais plus on attend, plus elles seront difficiles.
Quelles images pour mieux comprendre ?
David BROWER (USA : 1912-2000), qu’on peut notamment créditer du
sauvetage du Grand Canyon du Colorado menacé par des projets de barrage,
fonda, en 1969, les « Amis de la Terre ». Il est à l’origine, avec d’autres, du
Mouvement Ecologiste. Il comparait ainsi les derniers 4 milliards d’années que
compte la Planète.
« Prenons les six journées de la Genèse comme image pour représenter ce qui,
en fait, s'est passé en quatre milliards d'années.
Jacques STEIN – JUIN 2007
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Une journée égale donc environ six cent soixante millions d'années.
Lundi, mardi et mercredi jusqu'à midi, la Terre se forme. La vie commence
mercredi à midi et se développe dans toute sa beauté organique pendant les
trois jours suivants.
Samedi à quatre heures de l'après-midi seulement, les grands reptiles
apparaissent. Cinq heures plus tard, à neuf heures du soir, lorsque les séquoias
sortent de terre, les grands reptiles disparaissent. L'homme n'apparaît qu'à
minuit moins trois minutes, samedi soir.
A un quart de seconde avant minuit, commence la révolution industrielle.
Il est maintenant minuit, samedi soir, et nous sommes entourés de gens qui
croient que ce qu'ils font depuis un quarantième de seconde peut continuer
indéfiniment. »
Ces derniers temps, plusieurs autres images ont été proposées à bon escient afin
de faire comprendre la situation au grand public. Ainsi, la biodiversité a-t-elle
successivement été comparée à un « château de cartes », à un « concerto de
Mozart », à un « mur de briques » ou à un « jeu de mikado » ... Dans ce
contexte imagé, l’homme, ainsi que toutes les autres espèces présentes sur la
Planète, sont respectivement des cartes, des notes de musiques, des briques ou
des baguettes de mikado.
La perte d’un de ces éléments est sans grande conséquence sur la stabilité ou la
cohérence de l’ensemble. Le phénomène prend de l’ampleur quand les éléments
qui disparaissent sont les garants du maintien d’un, deux, trois autres éléments,
qui disparaissent aussi du même coup ; ou quand ils sont les garants du bon
fonctionnement de leur système, ce qui entraîne la disparition de tout le système
concerné. Demandez donc à un musicien ou à un maçon ...
Il faut donc vraiment éviter de « pousser le bouchon trop loin », ou d’en arriver
« à la goutte qui fait déborder le vase ». Bref évaluer sérieusement le fameux
« seuil critique » au delà duquel tout sera beaucoup moins réversible encore
qu’aujourd’hui. Et notre comportement individuel doit avoir pour effet de retarder
au maximum, si pas d’éviter, le moment où le dernier élément (carte, note,
brique, baguette, ...),- celui qui maintient la cohérence de ce qui reste-, nous
échappera ... Ce qui aurait pour conséquence de faire s’effondrer tout ce qui
reste.
Des chercheurs ont tenté, non seulement de produire une image plus
« parlante » encore de la problématique actuelle, mais en outre de trouver une
expression que chacun peut calculer individuellement pour lui-même :
« l’empreinte écologique », sensée exprimer la pression de l’homme sur la
planète, était née. Selon cette vision des choses, et sans tenir compte des autres
espèces (très nombreuses nous le savons !) qui cohabitent sur la planète,
chaque être humain dispose d’une capacité moyenne de 1,8 hectare global de
Planète. Cela représente la superficie terrestre ou aquatique biologiquement
productive dont l’homme a besoin pour sa consommation et pour absorber ses
déchets. Sachant qu’actuellement, l’empreinte écologique moyenne mondiale est
de 2,2 hectares globaux, on a déjà dépassé de 20 % la disponibilité. En d’autres
termes, outre les intérêts du capital « Terre », on grignote aussi le capital luimême,
ou encore, on a globalement dépassé le seuil d’utilisation durable des
ressources de la planète de 20 %. Et plus on continue à ce rythme, plus on
hypothèque notre devenir !
Jacques STEIN – JUIN 2007
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L’empreinte nous apprend que nous sommes dans le peloton de tête pour ce qui
concerne l’utilisation non durable de la planète. On nous affirme que des fruits
ont parfois parcouru plusieurs milliers de kilomètres avant d’atterrir dans notre
yaourt quotidien et que du poisson frais du jour dans les grandes surfaces nous
arrive des grands lacs d’Afrique, portant en eux le drame humanitaire de toute
une population ... « Manger des fraises en hiver », pour prendre un exemple au
hasard, revient à mobiliser des capacités de production bien loin de chez nous.
Mais c’est bien ce genre d’événement qui est comptabilisé dans « l’empreinte
écologique ».
Par ailleurs, tout qui travaille avec des « moyennes » sait que l’écart autour de
cette moyenne peut être plus ou moins important. Qu’on en juge : les USA
consomment plus de 10 hectares globaux par personne contre 0,1 en
Afghanistan ! La Belgique et le Grand Duché de Luxembourg consomment
ensemble 5,8 hectares globaux par personne … Largement au-delà des moyens
disponibles par conséquent.
Il existe des sites Internet (http://lesoir.ecolife.be notamment) qui permettent
de calculer l’empreinte écologique individuelle et donc de rectifier éventuellement
le tir de façon globale. On peut aussi inciter les décideurs (communaux par
exemple) à calculer l’empreinte de la commune et de mesurer ainsi l’écart entre
les disponibilités planétaires (de l’ordre de 1,8 ha par personne et par an) et nos
réalités locales.
L’indice « Planète heureuse », qui tient compte du degré de « bonheur » des
populations et de leur incidence sur l’environnement, nous révèle par contre que
nous sommes au milieu de classement pour ce qui est de notre « embarras » sur
le sujet (78ème sur 178). La plus heureuse et donc la première classée est la
minuscule île de Vanuatu, dans le Pacifique ... Pourvu qu’elle le reste !
On peut ici aussi calculer un indice individuel !
Prise de conscience ?
Les dernières revues de l’Environnement en Europe montrent que la majorité des
citoyens européens (plus de 70 %) considèrent que les problèmes
d’Environnement doivent être mis sur pied d’égalité, par les décideurs, avec les
problèmes sociaux et économiques. Et qu’ils sont enclins, individuellement, à
changer de comportement ... aux moindres frais possible et si le voisin le fait
aussi ! Reste donc à savoir qui va commencer !
On nous explique aussi, depuis 25 ou 30 ans, que le développement socioéconomique
et la prise en compte de l’environnement ne sont pas opposés, ni
contradictoires ... au contraire, bien au contraire. Et que le développement
durable repose sur plusieurs piliers : économique, social, environnemental,
culturel. Malgré cela, la société a bien du mal à quitter ses vieux travers et a vite
fait de revenir aux approches classiques, verticales et cloisonnées (cfr. Le Plan
Marschall wallon) : celles qui « paient » à court terme, mais aussi celles qui sont
loin, prises individuellement, d’avoir fait leurs preuves, si ce n’est de manière
négative, sur l’environnement.
L’environnement, la biodiversité, la nature, le cadre de vie, la qualité de la vie
sont des préoccupations qui sont rangées au rayon des accessoires dès que
Jacques STEIN – JUIN 2007
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quelques nuages socio-économiques gris pointent à l’horizon. Alors que tout
indique que ce devrait être l’inverse.
Bien sûr, à côté de cela, il y a les grands événements, les « décisions » fortes
dans le domaine de l’environnement et de la biodiversité : Kyoto, 2010, ... Fortes
certes, mais de quoi sont-elles réellement révélatrices ? Prise de conscience ?
Minimum minimorum pour le cas où ? Surenchère électoraliste ?
Instrumentalisation ? Phénomène de mode ? Y a-t-il vraiment une prise de
conscience ?
Les membres du G8, sommet des 8 Pays les plus riches du Monde, ont inscrit les
changements climatiques à l’ordre du jour de leurs dernières réunions, et
notamment le réchauffement de la Planète qui en résulte. Quelques semaines
plus tard cependant, on apprenait que le réchauffement climatique pourrait être
une « aubaine » pour l’Alaska dans la mesure où la fonte accélérée de la couche
de glace rendait les gisements de pétrodollars plus facilement accessible !!
Alors ? Objectif ou alibi ?
La perte vertigineuse de biodiversité est apparue à l’ordre du jour des Ministres
de l’Environnement du G8 le 17 mars dernier. N’est-il pas justifié de se
demander sérieusement si le secteur marchand n’a pas trouvé là un « filon »
intéressant. Pas l’économie bien sûr, mais la finance ; pas le marché bien sûr,
mais la bourse.
On ne sera vraiment rassuré que quand les véritables « prises de conscience »
livreront les gestes forts et les actes politiques concrets que les citoyens sont en
droit d’attendre des décideurs, à tous les niveaux de pouvoir.
Pessimisme ? Ou lucidité ? Les indicateurs actuels n’incitent en tout cas pas à
verser dans l’optimisme béat ! Cela vaut la peine d’y réfléchir avant de
s’endormir. Alors à vous de jouer !
Les actions individuelles
L’exercice individuel consiste, en regard de chacune des grandes causes connues
de la perte de biodiversité, à imaginer l’une ou l’autre action à laquelle on est
susceptible de se tenir à long terme (sinon cela ne sert à rien !). Elles
entraîneront certes une petite modification de certaines de nos habitudes, parfois
prises inconsciemment …
1. Les changements climatiques, et tout particulièrement le réchauffement de
la Planète
Le réchauffement peut avoir divers effets sur la biodiversité et notamment
provoquer la migration vers le nord d’espèces à la recherche de conditions de
développement se déplaçant également, mais aussi la disparition des espèces ne
trouvant plus du tout de conditions idéales (les espèces des pôles), mais encore
le réveil de plantes « dormantes », qui ne trouvaient pas jusque là les conditions
« idéales » pour devenir envahissantes, … Ce réchauffement est dû à un rejet
Jacques STEIN – JUIN 2007
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exagéré dans l’atmosphère de gaz dits à « effet de serre ». L’effet de serre de
l’atmosphère nous protège et nous réchauffe comme les parois d’une serre, mais
il ne faudrait pas qu’il nous étouffe. En réalité, tous les carburants et
combustibles riches en carbone, fossiles (pétrole, gaz, charbon ...) ou non (bois,
papier, ...), rejettent ces gaz à effet de serre (particulièrement l’oxyde de
carbone ou CO2) dans l’atmosphère via les fumées, les émanations, les vapeurs
envoyées dans l’air.
Action individuelle utile : diminuer la consommation d’énergies polluantes, soit
directement, soit indirectement, en fonction des circonstances et des situations :
- trier les déchets afin qu’ils soient recyclés
- éviter les déchets inutiles (préférer le vrac, par exemple)
- ne pas chauffer 2 litres d’eau quand on n’a besoin que d’une tasse (et
mettre le couvercle !)
- prendre une douche (chaude !) plutôt qu’un bain (et couper l’eau durant le
savonnage !)
- éteindre les lumières inutiles et utiliser des ampoules « économiques »
(surtout là où la lumière reste longtemps allumée)
- arrêter les appareils en veille, lorsqu’ils ne sont plus utilisés avant un
certain temps
- débrancher les chargeurs qui ne sont pas en train de charger
- ne pas chauffer le jardin en combinant radiateur à fond et portes et
fenêtres ouvertes
- ne pas utiliser les radiateurs comme séchoir à linge
- rouler 5 ou 10 Km en dessous de la vitesse limite et limiter l’utilisation de
la clim
- utiliser les énergies douces et naturellement abondantes (soleil, ...)
- sortir les vélos pour les courtes distances
- utiliser les transports en commun
- faire du co-voiturage
- manger les produits du terroir (ceux qui « voyagent » le moins) et « de
saison »
- etc., etc., etc., ...
2. Les espèces exotiques envahissantes
Comme on l’a évoqué déjà un peu avant, des espèces exotiques, c'est-à-dire qui
viennent de contrées plus ou moins lointaines par rapport à nos régions, il y en a
un peu partout, dans les jardins, les cultures, les élevages, les forêts, le gibier,
les étangs, ... Elles sont sans doute recherchées parce que l’homme a besoin de
changement (c’est d’ailleurs la société « de consommation » qui l’y pousse). Ou
parce qu’on s’est tellement habitué à nos espèces indigènes et sauvages qu’on
n’en voit plus ni la beauté, ni l’intérêt. Elles arrivent aussi par inadvertance !
Bref, quelles que soient les raisons pour lesquelles nous sommes entourés
d’espèces exotiques, l’enjeu, c’est d’éviter qu’elles ne se disséminent sans
contrôle dans la nature et ne deviennent envahissantes au détriment des espèces
locales ou des espèces économiquement productives, voire au détriment de notre
propre bien-être ! Des catastrophes écologiques et humanitaires ont résulté de la
négation de cette réalité : le cas de la Perche du Nil dans le Lac Victoria est
symptomatique à cet égard et a même fait l’objet d’un film très recommandable
(« Le Cauchemar de Darwin »). Mais le cas de la Jacinthe d’Eau sur le Fleuve
Jacques STEIN – JUIN 2007
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Congo ou du Doryphore, ravageur en provenance du Colorado, sont aussi restés
« célèbres » dans les mémoires. Pour limiter les ravages de ce dernier sur les
champs de pommes de terre, on a utilisé des tonnes de DDT, insecticide
particulièrement nocif pour l’humanité et dont on retrouve encore toujours des
traces un peu partout dans les écosystèmes et les espèces (y compris la nôtre),
alors que son utilisation est interdite dans nos contrées depuis belle lurette, en
l’occurrence dès 1970 en Norvège !
Action individuelle utile : participer à la lutte contre l’envahissement des espèces
exotiques :
- mettre en oeuvre toutes les actions du point 1. ci avant, puisque une
élévation de température pourrait rendre envahissantes des espèces
jusqu’à présent « en léthargie »
- ne pas relâcher dans la nature, même par bonté d’âme, des espèces
animales devenues encombrantes dans le ménage (tortues américaines,
par exemple, mais aussi poissons d’ornement, reptiles, perruche ...), mais
les remettre aux établissements spécialisés
- éviter la dissémination dans la nature d’espèces végétales ornementales
en pratiquant à temps des opérations de jardinage utiles (élimination des
fleurs après fécondation éventuelle, récolte et destruction des graines
produites ...)
- ne pas abandonner des déchets de jardin dans la nature (les détruire sur
place ou les transporter au parc à conteneurs)
- privilégier l’utilisation d’espèces végétales indigènes (notamment dans les
pièces d’eau où elles arrivent d’ailleurs toute seules avec un peu de
patience)
- repérer et localiser les espèces envahissantes « classiques » (berce du
Caucase, impatiente de l’Himalaya, ...) et attirer l’attention des
gestionnaires des zones ainsi repérées (routes et autoroutes, cours d’eau,
voies ferrées, chemin en forêt, ...)
- être attentif à l’origine des matériaux amenés dans la propriété
(terrassements, ...)
- éviter bien entendu de rapporter des animaux ou des plantes d’un voyage
à l’étranger
- etc., etc., etc., ...
3. La dégradation physique et chimique des habitats et des populations
d’espèces sauvages
Les remembrements, l’urbanisation, les grandes infrastructures de
communication, l’utilisation intensive du vivant, la surexploitation des ressources
disponibles (le sol notamment), la surutilisation de produits chimiques, … ont mis
à mal le continuum qui prévaut naturellement, au gré des conditions du milieu,
sur un territoire : les habitats ont été fractionnés, les populations d’espèces ont
été fragmentées, les couloirs de migration ont été murés, ...Ils ont aussi pollué
de nombreux habitats devenus désormais hostiles pour les espèces sauvages.
Action individuelle utile : apporter sa pierre à la re-édification du continuum de la
biodiversité et à la restauration de la qualité des habitats, pour peu évidemment
qu’on dispose d’un espace approprié :
Jacques STEIN – JUIN 2007
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- réduire (ne pas dépasser les doses indiquées), éviter, voire proscrire
complètement l’utilisation des produits chimiques et des huiles minérales
(pesticides, engrais, amendements, huile de tronçonneuse, ...), au profit
de l’huile de bras, du travail mécanique, des recettes de grand-mère, des
huiles végétales ...
- ne pas jeter n’importe quoi dans l’évier
- laisser un espace « à la disposition de la biodiversité » avec des
interventions « de confort » limitées, voire pas d’intervention du tout
- utiliser des espèces indigènes « porteuses de biodiversité », notamment
pour les haies vives (saules, chênes, hêtre, merisier, prunellier, bouleaux,
aulne, ...)
- laisser les pièces d’eau être recolonisées naturellement ; y éviter
l’adjonction de poissons voraces, véritables pièges pour les pontes de
batraciens
- laisser du bois mort
- organiser la présence éventuelle de chauves-souris, d’hirondelles, de
martinet, voire favoriser leur installation
- ne pas lésiner sur les arbres fruitiers
- ne pas surtondre les étendues herbeuses
- etc., etc., etc., ...
4. Et enfin, en matière de communication
Les animateurs, les enseignants, les formateurs, les guides, … doivent
conscientiser les jeunes (surtout les adolescents) et les adultes aux problèmes
actuels de la biodiversité. Non seulement en attirant l’attention sur les menaces
qui pèsent sur les services rendus par les écosystèmes et donc sur leur
contribution à notre bien-être, mais surtout en rappelant à l’homme qu’il fait
partie de la biodiversité et qu’il échoit à son intelligence d’accompagner au mieux
l’évolution de l’ensemble des espèces avec lesquels il cohabite et dont il dépend
quasi entièrement au quotidien.
En guise d’épilogue, rappelons-nous que si nous avons besoin, au quotidien, de
la biodiversité pour satisfaire la quasi totalité de nos besoins, la biodiversité,
elle, peut facilement se passer de nous.
Merci à Pierrette RIXHON, Delphine GOFFAUX et Pascal PETIT d’avoir bien voulu relire et
améliorer ce texte.
Jacques STEIN – JUIN 2007
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VOUS TROUVEREZ EGALEMENT DANS CETTE BROCHURE UN
« FORMULAIRE D’ENGAGEMENT » AFIN D’ACCOMPLIR UN PREMIER
GESTE OU DE CONFORTER LES GESTES DEJA DEVENUS QUOTIDIENS. CE
FORMULAIRE EST EGALEMENT DISPONIBLE SUR LE WEB :
http://genevrier.be/genevrier3/welcome/index.php
MERCI DES A PRESENT !!
LA LISTE DE REFERENCES CI-APRES VOUS APPORTERA ENCORE BIEN D’AUTRES
IDEES D’ACTIONS INDIVIDUELLES ...
- Evaluation du millénaire des écosystèmes ONU, 2005,
http://www.millenniumassessment.org
- « Le » site de Al Gore : http://www.climatecrisis.net/
- Compte à rebours - Countdown 2010 (02/739.03.20) –
www.countdown2010.net
- Greenfacts (02/211.34.88) – www.greenfacts.org
- UNEP (Programme des Nations-Unies pour l'Environnement) (0044/1223
277314) – www.unep.wcmc.org
- La Convention sur la Diversité Biologique :
http://www.biodiv.org/default.shtml
- http://chge.med.harvard.edu/
- UICN (Union mondiale pour la nature) (02/732.82.99) – www.iucneurope.org
- EECN (Réseau européen de communication environnementale) –
http://ec.europa.eu/environment/networks/index_en.htm
- Faites un geste pour l'environnement ! 2005 – Office des publications de
la Commission européenne – http://publications.eu.int ; http://europa.eu.int
- Ministère de l’écologie et du développement durable (France) : les gestespourquoi
et comment agir ? http://160.92.130.85/spip.php?rubrique6 ;
http://www.biodiversite2007.org/rubrique.php3?id_rubrique=14
- Actions individuelles - http://nature-namur.be
- Semences indigènes de plantes sauvages - http://www.ecosem.be
- Dix gestes pour arrêter la perte de biodiversité (Green 10) –
http://www.panda.org/epo
- www.environnement.wallonie.be et notamment de nombreuses publications
téléchargeables (dont les normes de gestion pour favoriser la biodiversité
dans les bois soumis au régime forestier)
- L'empreinte écologique – www.footprintnetwork.org ; www.ecofoot.org ;
http://eea.eu.int ; www.panda.org/livingplanet ; www.iclei.org ;
www.wed2005.org ; http://lesoir.ecolife.be
- Calculez votre impact sur l’environnement – www.test-achats.be
Jacques STEIN – JUIN 2007
20
- Les invasions – www.sciencesnaturelles.be/biodiv ; www.bombylius.be ;
- Espèces envahissantes (Forum sur Invasive Species) -
http://www.biodiversity.be ; http://ias.biodiversity.be/
- http://ec.europa.eu/environment/climat/campaign/switchoff_fr.htm
- Energie verte – www.greenpeace.org/electriciteverte ;
www.greenpeace.org/guide-energie
- Assemblée des jeunes wallons pour l’environnement –
http://www.assembleedesjeunes.be
- www.reseau-idee.be
- info@coccinelles.be
- www.defipourlaterre.be
- www.lamediatheque.be
- http://www.crie.be
- www.ecoconso.be
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